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Cointreau...

 

© Rémy Cointreau

...l'ambre et la lumière

 

Établi à Angers, sur les bords de la Maine, comme confiseur, Adolphe Cointreau ne pouvait se désintéresser des fruits de sa région. En 1849, il eut l'idée de créer avec son frère Édouard-Jean Cointreau une distillerie familiale, Cointreau Frères. À l'époque, les deux frères commencèrent à commercialiser leur premier Curaçao en 1852, puis ils entreprirent la fabrication du Guignolet d'Angers, une liqueur à base de cerise. L'entreprise se développe. Elle s'installe quai Gambetta. Son Guignolet, mais également la publicité, assure sa réputation. À l'Exposition Universelle de Paris de 1867, Cointreau remporte une médaille.

Fils d'Édouard-Jean, Édouard Cointreau est né en 1849, l'année où a été fondée la distillerie familiale. C'est sous son impulsion que l'entreprise Cointreau Frères va connaître son véritable essor. 

 

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

Alors que la mode est alors aux liqueurs sucrées, opaques et faiblement alcoolisées, présentées dans des bouteilles blanches, il s'ingénie à inventer une liqueur ayant la transparence du cristal.

En 1875, cette liqueur est élaborée par distillation d'écorces d'oranges amères (bigarades) et d'oranges douces séchées, le tout utilisé avec de l'alcool de betterave et de l'eau. Avec cette liqueur qui titre à 40° : Le Cointreau est né.

 

Édouard Cointreau est un homme que nous qualifierions aujourd'hui de marketing. S'il a créé un produit à contre-courant de l'esprit de son temps, il veut lui donner une image, une originalité qui imposera définitivement sa marque. Il pense à une bouteille carrée en verre brun. 

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

C'est ainsi que depuis des générations le Cointreau est indissociablement associé à la forme de sa bouteille et à son fameux lacet rouge cacheté à la cire.

Le secret de la confection du Cointreau est jalousement préservé depuis 150 ans. 

Et c'est dans ses alambics que ce secret se perpétue. Parler d'alambics n'est d'ailleurs qu'un euphémisme. 

Une visite à la distillerie, installée aujourd'hui à Saint-Barthélemy d'Anjou, nous met en présence des grandes orgues de la distillation, une symphonie de cuivres et de tubes aux dimensions d'une cathédrale.

Le tout baignant dans les vapeurs alcoolisées d'agrumes, nous imprègne de l'esprit du Cointreau et de sa savante alchimie.

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

Rapporté à quelques chiffres, le Cointreau est une des valeurs sûres du savoir-faire français à l'étranger. 

Une année de production nécessite 600 tonnes d'écorces. 90% des ventes se font à l'exportation. 

 

Le Cointreau est vendu dans 200 pays, ce qui représente 35 millions de flacons consommés. Et comme toute grande marque, le Cointreau a fait l'objet de nombreuses contrefaçons. Une vitrine leur est consacrée dans la galerie du Musée du Cointreau, dans le coin des faussaires. 

 

On peut également y admirer les innombrables affiches signées Jean-Adrien Mercier, Carl-Hap, Josso, Eugène Ogé et Charles Loupot notamment qui ont accompagné l'histoire de cette célèbre liqueur. 

© Sedecs/Terroirs-of-France/S. Durman

 

La marque a été associée à l'objet publicitaire, cendriers, albums, puzzles, cartes à jouer ou porte-clés, qui firent entrer le Pierrot dans la vie au quotidien.

 

Le musée du Cointreau et sa distillerie méritent le détour ; ils permettent de découvrir un pan d'histoire qui a dépassé, et de loin, le cadre de la petite distillerie familiale pour rayonner par-delà les frontières. 

 

On y apprendra tout ou presque… l'ultime secret reste un secret.

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

 

 

Nous remercions Hélène CRÉPU, chargée du Service de Presse pour son accueil et les informations fournies.

Nous remercions également Mme Hélène RAMSAMY du CDT d'Anjou.