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Edito

 

Le Château royal d'Amboise...

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

 

...un trait d'union entre la France et l'Italie

 

Trait d'union entre la France et l'Italie, un pont jeté entre l'Orient et l'Occident, Amboise caractérise à lui seul une page d'histoire et de tolérance. Même si cette histoire s'est accouchée dans la douleur, les complots, les emprisonnements et les exécutions.

Le site d'Amboise est choisi dès le haut Moyen-Age pour sa position défensive, ce promontoire au-dessus de la Loire et de l'Amasse. Très tôt également, il devient le lieu de rencontre des rois avant d'en être celui de leur séjour. Ainsi, c'est en 503 que Clovis rois des Francs et d'Alaric, rois des Wisigoths qui s'y retrouvent. En 1431, le Château est confisqué par Charles VII à la famille d'Amboise, son représentant Louis étant convaincu de complot contre le favori du roi mais gracié devant y renoncer. Depuis cette date le domaine d'Amboise sera rattaché à la couronne de France.

Ainsi Amboise devient sous les Valois leur résidence. Mais c'est Charles VIII, le grand bâtisseur d'Amboise, qui va lui apporter sa touche, faisant évoluer la forteresse médiévale vers un palais gothique. On lui doit notamment la construction des tours cavalières par lesquelles on accède aux terrasses du château, aujourd'hui organisée comme un jardin luxuriant où voisinent de nombreuses essences. Mais son règne éphémère ne lui permet pas de terminer les travaux projetés. Il meurt à 28 ans en se cognant la tête à un linteau de pierre. Cet accident peut prêter à sourire lorsque l'on sait que le roi ne mesurait pas plus d'un mètre-cinquante-cinq. En mourant, Charles VIII laissant Anne de Bretagne, son épouse veuve. Elle épousera le cousin du feu roi, Louis, le duc d'Orléans, afin d'assurer la pérennité du royaume. Louis XII poursuivra et terminera l'œuvre inachevée de Charles VIII. 

Son jeune cousin et héritier présomptif, François d'Angoulême est éduqué à Amboise.

C'est plus particulièrement François Ier qui va marquer ce château de son empreinte, en lui donnant sa typicité Renaissance italienne. 

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

Comme beaucoup de forteresses médiévales, le style italien va donner à Amboise cette touche de raffinement. Cette impulsion sera poursuivie par ses descendants et notamment les Médicis. Néanmoins, le séjour du monarque se fait déjà plus rare sous Henri III et la cour quitte définitivement la Touraine avec Henri IV. Amboise ne constituera plus qu'une étape pour les Bourbons. Ainsi, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV y fait une courte étape 11 au 13 décembre 1700 avant de monter sur le trône d'Espagne sous le nom de Philippe V. Surintendant des finances disgracié, Nicolas Fouquet est l'hôte involontaire du Château d'Amboise. Son passage à Amboise fut l'objet du pèlerinage de Jean de La Fontaine, son ami, venu au Château en août 1663.

En 1815, Louise-Marie-Adelaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans (née Penthièvre), l'arrière-petite-fille du Roi Louis XIV, recouvre les droits de son père sur le Château d'Amboise, confisqués sous la révolution. Son fils, Louis-Philippe, en hérite en 1821.

C'est sous le règne de Louis-Philippe que l'Algérie va être conquise ; l'un des événements les plus marquants, est sans doute sa prise de la smala d'Abd EI-Kader par le duc d'Aumale (fils de Louis Philippe) en 1843. 

 

Abd EI-Kader, Emir d'Alger, est un chef politique influent mais aussi un chef religieux et un philosophe. 

Il se rend en 1848 au général de Lamoricière. 

Emprisonné à Toulon puis à Pau, il est assigné à résidence au Château d'Amboise avec sa famille, des khalifes et des domestiques, soit quatre-vingt-huit personnes. 

Il passera quatre ans au Château avant d'être personnellement libéré, le 16 octobre 1852, par Louis Napoléon Bonaparte, Prince-Président.

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

Quittant la France pour la Turquie, puis la Syrie, il consacrera l'essentiel de sa vie à la méditation et l'enseignement jusqu'à sa mort le 26 mai 1883 à Damas.

Le château d'Amboise, met en lumière cet épisode de la détention de l'Emir Abd el-Kader et de ses compagnons. Un monument à la mémoire des membres de sa suite décédés à Amboise à été érigé dans le parc du Château. 

Et en témoignage, le jardin d'Orient est un aménagement paysager conçu par Rachid Koraïchi comme un jardin de méditation et de contemplation.

Cette œuvre de la mémoire comprend 25 pierres d'Alep gravées d'hymnes à la paix et à la tolérance extraits du Coran. 

© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

Le choix des végétaux et les références symboliques y soulignent la richesse des influences culturelles méditerranéennes et la constance des valeurs universelles de tolérance défendues par l'Emir Abdelkader.

On ne peut quitter ce site sans visiter la chapelle Saint-Hubert. Cet édifice typique du gothique flamboyant est l'œuvre de tailleurs de pierre flamands. 

Les sculptures représentant le couple royal, Charles VIII et Anne de Bretagne en dévotion rappellent qu'elle lui servi d'oratoire. Enfin les vitraux de Max Ingrand (1952) relatant la vie de Saint-Louis viennent rehausser l'ensemble d'une touche contemporaine discrète. 

La chapelle renferme également le tombeau de Léonard de Vinci, mort au Clos-Lucé. Ses ossements (supposés) furent retrouvés en 1869 lors de fouilles archéologiques dans le château ; ils furent inhumés dans le transept droit de la chapelle ; à l'emplacement où ils furent découverts on érigea le buste de Léonard de Vinci.

© Sedecs/Terroirs-of-France/ M. Durman

La richesse de ce site fait oublier que l'actuel château d'Amboise ne représente que le cinquième du bâti de l'époque de Charles VII ; ce sont les démolitions successives qui en sont la cause, les premières datent du 17ème siècle, les dernières du 19ème

Les restaurations ne commenceront qu'à partir de 1874 avec celle de la Salle des États (Salle du Conseil) par Victor Ruprich-Robert et celle de la Tour des Minimes. Elles s'échelonnent depuis lors.

 

Tombe de Léonard de Vinci - Chapelle Saint-Hubert (Château Royal d'Amboise)
© Sedecs/Terroirs-of-France/M. Durman

C'est ainsi que le château d'Amboise a retrouvé au fil des ans une nouvelle majesté et fait partie prenante de la cité.

 

Nous remercions la Fondation Saint-Louis et ses personnels pour leur accueil et  les informations précieuses qui ont permis la rédaction de cet article.